L’impression d’été pourri est essentiellement du à un manque évident de soleil et une forte pluviométrie.
Côté soleil justement, le déficit est généralisé sur l’ensemble de la France sur les trois mois, ce qui est très rare. À Dunkerque comme à Ajaccio ou La Rochelle, les quotas d’ensoleillement n’ont pas été remplis.
S’il ne manque qu’une centaine d’heures de soleil sur la saison à Marseille (soit un peu plus d’une heure par jour tout de même), le déficit dépasse 200 heures à Brest et Paris, et c’est d’ailleurs le quart nord-ouest qui a connu un été particulièrement sombre, malgré un mois d’août correct en Bretagne. À Chartres où les premiers relevés d’ensoleillement datent de 1961, il s’agit de l’été le moins ensoleillé avec 487 heures de soleil seulement pour une moyenne de 673 heures. L’ancien record de 1977 – 517 heures – est largement battu. Le mois le plus lumineux de l’été –juillet et 177 heures – fait pâle figure si on les compare aux 317 heures de soleil comptabilisées en avril dernier !

Les précipitations ont été particulièrement fréquentes et souvent abondantes sur la plupart des régions à l’exception du pourtour méditerranéen : il n’est tombé que 37 mm au cours des trois mois d’été à Marignane, soit la moitié seulement de la moyenne saisonnière. Petit déficit également dans la région toulousaine d’une trentaine de millimètres. Mais les autres régions ont connu des précipitations parfois deux à trois fois plus importantes qu’au cours d’un été « normal » : 286 mm à Paris au lieu de 157 mm, 406 mm à Brest au lieu de 159 mm, 342 mm à Lyon au lieu de 215 mm… De plus, il a plu pratiquement deux jours sur trois au nord de la Loire où il a fallu attendre la fin du mois d’août pour connaître plus de trois jours consécutifs totalement secs ! À l’exception des régions les plus méridionales, l’été 2007 peut donc être qualifié de très arrosé.
Avec cet énorme manque de soleil et ces pluies importantes, mais aussi l’impression de fraîcheur générale ressentie par les estivants, on pourrait s’attendre à des températures moyennes bien basses pour la saison… Il n’en est rien ! Malgré la couverture nuageuse abondante, juin a été… chaud (1,5 degrés d’excédent), juillet légèrement déficitaire (-0,5 degré) tout comme août (-0,5 à –1 degré). Mais si les moyennes générales sont conformes aux moyennes (voire un peu au-dessus dans le sud), c’est essentiellement du aux températures nocturnes, partout supérieures aux moyennes saisonnières, alors que les températures diurnes ont été faiblardes en juillet et août (mais excédentaires en juin). De plus, aucune vague de chaleur ne nous a réellement touché, hormis de brefs coups de chaud mi-juillet ou encore début août, un peu plus durables dans l’est et le sud du pays.
En conclusion, l’été 2007 a donc été « normal » d’un point de vue thermique, mais fréquemment et fortement arrosé, et surtout très sombre après un début de printemps qui battait tout les records de forte luminosité ! Pendant ce temps, les anglais pataugeaient dans plusieurs centimètres d'eau alors que le sud-est de l'Europe battait tous les records de chaleur connus jusqu'ici. On peut dire que l'été 2007 s'inscrit dans une certaine logique dans la variabilité de notre climat tempéré, et que malgré la tendance au réchauffement, des saisons "pourries" et même froides sont encore à envisager!