IV- Les grands froids
Qu'est-ce qu'une vague de froid ?
Les épisodes de grands froids marquants:
Les climatologues identifient des périodes de froid remarquables en tenant compte des critères suivants : l'écart aux températures moyennes régionales, les records précédemment enregistrés, l'étendue géographique et la persistance d'un épisode de froid.
Avant 1950 (le début des mesures météorologiques), on trouve trois vagues de froid notables : du 22 janvier au 1er février 1947 (forte intensité), du 18 au 24 février 1948 (intensité modérée) et du 21 au 27 décembre 1948 (faible intensité).
Quelles sont les situations météorologiques favorisant les vagues de froid ?
Un flux de nord (anticyclone positionné vers l'Islande et le Groenland et dépression sur la Scandinavie) apporte de l'air polaire jusque sur la France. Cette situation dure rarement plus de quelques jours. Elle donne sur l'Hexagone un temps perturbé, instable et assez froid.
Un flux d'est ou de nord-est (résultant soit d'un anticyclone situé vers la Scandinavie, soit d'une extension de l'anticyclone de Sibérie) apporte de l'air très froid et sec, accompagné d'un vent d'est ou de nord-est glacial sur notre pays. Cette configuration peut perdurer jusqu'à une dizaine de jours. La sensation de froid est ici renforcée par le vent.
Ce scénario était dominant durant les vagues de froid de février 1956 et de janvier 1963 (deux des plus marquantes depuis 1950).
Un flux d'est ou de nord-est froid humide et perturbé apporte de la neige sur tout le pays, y compris sur le littoral méditerranéen. L'action de l'anticyclone situé sur l'Europe du nord (Scandinavie ou extension de l'anticyclone de Sibérie) est contrariée par une zone dépressionnaire généralement positionnée sur l'Europe du sud. Cette situation peut durer jusqu'à une semaine. Au cours des éclaircies nocturnes, les températures peuvent atteindre des valeurs remarquablement basses sur les sols enneigés.
Ce scénario était dominant durant les vagues de froid de janvier 1985 et janvier 1987.
Quelle est la température hivernale habituelle en France ?
L’hiver globalement le plus froid en France depuis 1950 est sans conteste l’hiver 1962-1963 avec un écart de température, calculé sur l’ensemble de la saison, de - 5 °C, loin devant l’hiver 1955-1956. (les écarts sont calculés sur la base de l’indicateur thermique, constitué de la moyenne des températures de 22 stations métropolitaines).
Les deux hivers globalement les plus chauds en France sont ceux de 1989-1990 et de 1974-1975 avec un écart de température de +2 °C. Ils se détachent toutefois très peu des hivers 1994-1995 et 2000-2001.
Quels sont les dangers des grands froids pour la santé ?
Le grand froid diminue, souvent insidieusement, les capacités de résistance de l'organisme. Comme la canicule, le grand froid peut tuer indirectement en aggravant des pathologies déjà présentes.
Le froid affecte différemment chaque personne, selon qu'elle vit en ville ou à la montagne, au nord ou au sud de la France.
Les risques sanitaires sont cependant accrus pour toutes les personnes fragiles (personnes âgées, nourrissons, convalescents) ou atteintes de maladies respiratoires ou cardiaques.
Les personnes en bonne santé peuvent également éprouver les conséquences du froid, surtout celles qui exercent un métier en plein air (agents de la circulation, travaux du bâtiment, conducteurs de bus, chauffeurs de taxi...).
Depuis 2002, Météo-France participe au Plan grand froid mis en place par le secrétariat d'Etat à la Solidarité et destiné à secourir les personnes sans-abri. Depuis novembre 2004, la carte de vigilance de Météo-France intègre le risque de grand froid.
Les symptômes qui doivent vous alerter
Une hypothermie ou des engelures doivent être signalés aux secours dès que possible.
L'hypothermie
Lorsque la température du corps descend en dessous de 35°C, les fonctions vitales sont en danger. Difficile à détecter dès le début, l'hypothermie touche d'abord les plus fragiles : personnes âgées ou sous traitement médicamenteux, nourrissons. Les premiers symptômes :
- une prononciation saccadée
- une difficulté à marcher
- une perte de jugement, puis confusion mentale
- une perte de coordination des membres
- un engourdissement progressif
- une perte de connaissance, puis un coma
Les engelures
Ces gelures superficielles de la peau doivent être traitées rapidement avant de dégénérer en gelures. La peau se colore en blanc ou en jaune-gris et devient anormalement ferme ou malléable. On ressent un léger engourdissement, mais pas de douleur dans cette zone.
Non traitées, les tissus atteints deviennent noirs et peuvent se briser en cas de contact.
Conseils pour affronter les grands froids
Pour les personnes sensibles ou fragilisées : restez en contact avec votre médecin, évitez un isolement prolongé.
Evitez les expositions prolongées au froid et au vent , évitez les sorties le soir et la nuit.
Protégez-vous des courants d’air et des chocs thermiques brusques.
Habillez-vous chaudement, de plusieurs couches de vêtements, avec une couche extérieure imperméable au vent et à l’eau, couvrez-vous la tête et les mains ; ne gardez pas de vêtements humides.
De retour à l’intérieur, alimentez-vous convenablement et prenez une boisson chaude, pas de boisson alcoolisée.
Assurez une bonne ventilation des habitations, même brève, au moins une fois par jour ; vérifiez le bon fonctionnement des systèmes de chauffage, pièces humidifiées, non surchauffées.
Evitez les efforts brusques.
Si vous devez prendre la route, informez-vous de l’état des routes. En cas de neige ou de verglas, ne prenez votre véhicule qu’en cas d’obligation forte. En tout cas, emmenez des boissons chaudes (thermos), des vêtements chauds et des couvertures, vos médicaments habituels, votre téléphone portable chargé .
Si vous remarquez une personne sans abri ou en difficulté, prévenez le « 115 ».
Les faux amis des grands froids
L’alcool
L'alcool a notamment pour effet de dilater les vaisseaux, donc de laisser passer plus de sang. Le corps se refroidit alors progressivement. Pieds et mains, en particulier, bien moins irrigués, peuvent être touchés par des engelures, voire des gelures plus graves.
La maison surchauffée
Dans une maison très chauffée, le métabolisme se démobilise et réagit moins bien aux différences de températures lorsque l'on sort. On peut alors ressentir de véritables chocs thermiques et le risque de « prendre froid » devient plus important.
Trop emmitouflé
Trop se couvrir par temps froid déclenche une sudation, et du fait de l'évaporation de la sueur, un refroidissement qui peut affaiblir sensiblement l’organisme. Pour éviter de suer, il faut se découvrir dès que l’on passe à l’abri – à la maison, dans la voiture ou les couloirs du métro, au cinéma –, ou encore si l’on doit produire des efforts musculaires.
La cigarette pour se réchauffer
Par temps froid, les méfaits de la pollution atmosphérique se font sentir encore plus durement. Les particules et poussières présentes dans la fumée absorbée ou rejetée se révèlent plus néfastes : leur effet irritant sur les voies respiratoires est immédiat par un froid intense. Et fumer ne réchauffe guère...