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Les canicules

LA VIGILANCE CANICULE

Depuis le 1er juin 2004, la carte de vigilance de Météo-France tient compte des fortes chaleurs présentant un risque sanitaire.

Depuis octobre 2001, la carte de vigilance météo vous informe des dangers d'origine météorologique : vent violent, fortes précipitations, orages, neige et verglas, avalanches. Elle intègre désormais le risque de canicule qui sera symbolisé par un petit thermomètre.

Une forte chaleur devant toucher votre département sera indiquée, selon son danger pour la santé, par la couleur orange ou rouge. Ainsi pendant plusieurs jours d'août 2003, bon nombre de départements auraient été colorés en rouge.

Dans ces situations, la carte sera accompagnée d'un bulletin de suivi indiquant les températures maximales et minimales prévues par région et la durée de l'épisode de forte chaleur.

La carte comportera également des conseils de comportement pour limiter les effets de la canicule. Ces mesures simples et concrètes peuvent protéger votre vie et celles de vos proches. En cas de canicule persistante, chacun d'entre nous est menacé, même les personnes en bonne santé.

Disponible en permanence sur ce site, la carte de vigilance est actualisée au moins deux fois par jour, à 6h le matin et à 16h l'après-midi. En situation orange ou rouge, les services de prévisions téléphoniques et télématiques de Météo-France reprendront cette information. Les médias disposeront également de ces éléments et pourront communiquer une information spéciale.

CANICULE ET SANTE

Canicule

Le mot canicule provient d'un passé lointain, à la croisée de plusieurs traditions de l'occident et de l'orient (dans l'hémisphère Nord tout au moins : Europe, Afrique du Nord, Proche et Moyen et extrême-Orient), avec une forte connotation d'astrologie.
"Canicula" correspond alors à la période d'apparition dans les cieux nocturnes de nos contrées de la constellation du Grand Chien, lorsqu'elle se lève et se couche avec le Soleil : cela se produit (à notre époque) de la dernière décade de juillet à la dernière d'août chaque année. Cette constellation est reconnaissable très facilement en fin de nuit près de l'horizon, par son étoile principale, l'étoile Sirius, la plus brillante du ciel, aussi dénommée "Canicula" ou "petite chienne" - du latin Canis. (On peut aussi l'observer en début de nuit, mais alors il faut attendre l'hiver). D'une connotation de période astrologique agitée, parfois encore associée à la lunaison qui lui correspond, souvent de vilaine réputation, le mot a glissé vers un sens plus agricole : la période où il y a beaucoup de travail au champ, des risques de sécheresse, de mûrissement précoce ... et sans tarder vers son sens plus climatologique : une période (estivale) de très forte chaleur. L'ethnologie nous apprend aussi que l'on fêtait dans certaines cultures anciennes le départ de Sirius ... et la fin des fortes chaleurs.

Quelques étés français caniculaires au cours de ces 20 dernières années

Juillet 1983
Une canicule mémorable dans le Sud-Est : 500 décès cet été-là dans la seule régions de Marseille, imputables directement ou indirectement à la chaleur. La dernière semaine de juillet les thermomètres sous abri à Marseille affichaient des températures minimales de … 28°C de bon matin avec de l’air humide et des températures maximales atteignant 35 à 41°C. De plus, le thermomètre n’est pas redescendu en dessous de 20°C pendant 15 jours.

10 juillet au 10 août 1990

Chaud, sec et ensoleillé, 360 heures de soleil à Lille, 39°C à Bordeaux, 35°C à Brest

Août 1991
Très ensoleillé sur le Nord et l’Est du pays (plus de 300 heures de soleil) ; et dans le Sud-Ouest la chaleur atteint de nouveaux records

Août 1992
Chaud dans l’Est et le Sud-Est. Premier épisode de pollution niveau 3 (à l’ozone) sur la région parisienne

Juillet 1994
Très chaud sur tout le pays suivi d’un mois d’août record dans le Sud-Est

Août 1995
Canicule, jusqu’à 36 ° C à Paris

Août 1998
Maximales supérieures à 35°C pendant quatre jours consécutifs sur une grande partie du territoire (2/3 du pays, du Sud-Ouest au Nord-Est et en Région Parisienne : 38°C à Orly, 39°C à Metz). Cette canicule survenait après un mois de juillet record … par sa faible insolation, … et qui fut pourtant une année de record de chaleur pour l’ensemble du globe.

Juin 2002
Du 12 au 27 juin, vague de chaleur sur tout le pays

 

2 dépliants sur la canicule et ses dangers. le 2ème dépliant concerne les conseils à prendre pendant une canicule.

http://secours-meteo-fr.axime.com/FR/download/sante/depliant_2006.pdf

http://secours-meteo-fr.axime.com/FR/download/sante/affiche_2006.pdf

Le record absolu de température en France

Le record absolu mesuré sous abri en France depuis les années 50 : 42.7°C au Luc (Provence, Var) en juillet 1982.
En remontant un peu plus loin dans le temps, Il a fait 44 °C à Toulouse en 1923 !

Les grandes canicules récentes et meurtrières dans le monde

Inde, Juin 1985 : (Source : AFP)
Avec des records de température jusqu’à 49 °C à l’ombre et des régions battues par un vent torride, on a décompté plus de 500 victimes principalement dans l’état de l’Uttar Pradesh.
Athènes, juillet 1987 :
Plus de 2000 décès imputables aux fortes chaleurs qui se sont prolongées plusieurs semaines et se sont de plus doublées de pics de pollution atmosphérique. La capitale grecque a d’ailleurs connu des étés caniculaires en série durant les années 1990 et de nouveau en 2000.

Moscou juin 1995 : (Source : AFP)
Activité économique paralysée par la canicule, avec 30 °C à l’ombre soit plus de 10 degrés au dessus des moyennes saisonnières, la canicule persistante a induit une vingtaines d’hospitalisations. Des conseils de santé ont été abondamment diffusés par voie de presse.

Espagne, juillet 1995 : (Source : AFP)
14 morts dans la région de Séville qui connaît des pointes de chaleur approchant 40 °C sous abri.
Dans le même temps trois personnes étaient victimes de la même canicule en France, encore une dizaine en Italie.


Chicago, Illinois, 14 au 17 juillet 1995 :
Une vague de chaleur de quelques jours s’étend sur tout le Centre Nord des Etats-Unis, on enregistre alors des températures maximales comprises entre 34 et 40 °C. Cette canicule aura été plus néfaste que celles de 1955, de 1983, 1986 ou 1988 (sur la même ville), ou celles de St Louis (juillet 1966), de Memphis (juillet 1980), de San Francisco (septembre 1939, septembre 1955) ou de New York (juillet 1972).
Aux Etats-Unis où l’on dispose de longues archives de la surmortalité liée à la chaleur, cette semaine torride sur Chicago aura été une des plus meurtrières qu’ait connu le pays : au cours de ce mois de juillet, 514 décès sont médicalement attribués à la chaleur, et près de 700 décès en surnombre (pour la saison) directement ou indirectement imputables à la canicule brutale et intense. Une étude météo médicale américaine sur cet épisode meurtrier a en outre mis en évidence un délai de deux jours entre l’apparition de la canicule et la survenue des cas d’hyperthermie fatale. Par ailleurs, et à l’inverse des observations menées lors de la canicule de juillet 1983 à Marseille, se sont les hommes (et non pas les femmes) de plus de 65 ans qui ont le plus été touchés.

Eté 1998 :
Ce sont d’une part le Texas et la Californie qui sont les plus touchés; d’autre part, Malte, le Proche-Orient et l’Inde de nouveau subissent simultanément une autre vague de chaleur.

Moscou, juillet 1999 : (Source : Libération du 9/7/99)
La capitale russe est engourdie par une canicule record, avec des températures maximales de 30 à 35°C pendant tout le mois de juin. En plus des hospitalisations pour hyperthermie, on compte 172 morts par … hydrocutions et noyades.
De plus, de nombreux cas de « maladie du tique » sont enregistrés à la suite de piqûres de cette mouche qui a proliféré (notamment dans les sous-bois) du fait de la chaleur installée. Et alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été piquées, s’ensuit une vingtaine de décès par la maladie du tique (une sorte de méningite).

Centre et Est des Etats-Unis, Juillet 1999 :
Plus de 200 décès en surplus sous l’effet de la canicule qui s’est étendue sur une grande partie du territoire. Chicago est de nouveau touché par les fortes chaleurs avec une cinquantaine de décès en surplus pour la principale ville de l’Illinois, cela malgré le Heat/ Health Warning System, la procédure de surveillance, de mise en alerte et de protection publique qui s’est mise en place depuis la précédente canicule meurtrière.

Europe du Sud, Maghreb et Proche-Orient, juillet 2000 :
De nouveaux records de chaleur sont atteints, venant aggraver une forte sécheresse en place sur la plus grande partie du Maghreb. La vague de chaleur, installée dans la région dès le mois de mai, s’étend ensuite jusqu’à la Grèce, à l’Europe du sud-est et au Proche-Orient.

Malgré des chiffres parfois inquiétants, le soleil et la chaleur ont toujours une très bonne côte de popularité.
En prenant un minimum de précautions, les amateurs sauront apprécier les baignades répétées et les séances d’air conditionné au cinéma ou dans les grands magasins, ainsi que les sorties nocturnes prolongées et les spectacles des nuits d’été en plein air

 

Les premiers conseils de prudence
Comment mieux supporter l’épreuve de la chaleur mais aussi limiter sensiblement le nombre des cas d’hyperthermie et des coups de chaleur avec une issue fatale ?
La chaleur accablante ne présente des atteintes graves à la santé qu’au terme de deux journées consécutives, ce qui laisse le temps de se remémorer les recommandations les plus simples et de les rappeler autour de soi surtout aux personnes les plus sensibles.

Aider la sudation
Il faut boire pour compenser les pertes d’eau liées à l’évaporation de la sueur : la sudation reste le mécanisme de défense et de régulation le plus efficace pour maintenir la température centrale autour de sa valeur de 37°C malgré la chaleur extérieure, et cela protège du "coup de chaleur" : en s’évaporant, la sueur refroidit la surface cutanée (c’est un simple problème de météorologie et de "chaleur latente" !). Ce refroidissement est local sur la peau (en général inégal selon les parties du corps), mais c’est cela qui permet au sang de se refroidir à son contact, d’autant plus que le flux sanguin superficiel est renforcé par une dilatation des vaisseaux (vasodilatation).
La sueur c’est de l’eau salée (1 à 2 grammes de sel par litre) et les pertes de sueur peuvent atteindre jusqu’à 10 ou 12 litres d’eau par jour pour un adulte en pleine chaleur.
Bien sûr il faut compenser, et pour cela la sensation de soif est ressentie naturellement par la plupart des personnes. Néanmoins ce n’est pas le cas pour tout le monde : les personnes ägées ainsi que les tout petits ont une reconnaissance parfois insuffisante de la soif : sensation altérée ou pas encore bien formée et cela se double d’une capacité de sudation parfois insuffisante (mauvaise thermorégulation et plus grand risque de coup de chaleur).

Jeux d’eau, linges mouillés et parfums
Linge mouillé pour les bras, humectation abondante ou par petites touches au creux des bras et des genoux, sur le visage : on peut y ajouter une odeur qui nous est agréable ou un parfum frais qui donne envie de respirer plus profondément et se dégager d’une respiration lourde dans l’atmosphère étouffante.

Ventilateur et brumisateur
La "chaleur latente" est celle qui se dégage lorsque de l’eau s’évapore. Lorsqu’il fait trop chaud, on peut se mouiller le visage et les bras avec un brumisateur puis on s’expose agréablement au souffle du ventilateur qui crée cette même sensation de fraîcheur sur la peau.
Ne pas abuser, à la longue ça fatigue le métabolisme.

Le drap à la fenêtre
Méthode traditionnelle et des plus efficaces, elle fait aussi usage de "l'effet chaleur latente" :
Un grand drap mouillé à la fenêtre provoque de l'ombre, empêche les rayons du soleil de pénétrer et rafraîchit en même temps l'air dedans en séchant ... on peut même ajouter un petit parfum, parfois tout simplement une bonne odeur de lessive, et l'air devient plus agréable à respirer.

Bien choisir son habillement, sa coiffure, ses couleurs
Cheveux coiffés en arrière, chapeau et vêtement ample prenant le vent. Il faut préférer les tissus naturels absorbant la transpiration, et selon les tempéraments, un habit fin à même le corps pour la transpiration et un habit ample par dessus.
Les couleurs printanières (claires) ne retiennent pas trop la chaleur (à l’inverse du noir qui l’absorbe au maximum comme on le constate au contact du goudron beaucoup plus chaud qu’un objet blanc pour une même exposition au soleil).
Pourtant plusieurs "pays du soleil" adoptent la couleur noire dans l’habillement traditionnel. Peut-être faudrait-il chercher une explication du côté du rythme de vie, des cultures et des tempéraments personnels

L’alimentation et l’alcool
Il faut la choisir fraîche et légère : crudités, petits légumes ou poissons, gazpacho (soupe andalouse froide) et éviter les plats lourds, les graisses et les sucres.
La prise d’alcool de même que la prise de tranquillisants ne sont d’aucune aide devant le poids écrasant des fortes chaleurs : au contraire, la sensation de soif est amoindrie et les besoins en eau du corps sont moins bien reconnus et satisfaits. Le choix des boissons ne manque pas en général. Quant aux personnes habituées à la consommation de tranquillisants, il est en général recommandé de contacter son médecin en vue d’une éventuelle diminution des prises médicamenteuses.

Rechercher les endroits aérés et la proximité de la végétation
La proximité de la verdure, en particulier des arbres ou des haies d’arbres, de la forêt, d’une source d’eau ou d’une cascade … aident à une meilleure respiration et aussi à mieux vivre le poids de la chaleur.

Jambes et bras couverts en forêts
Rien de tel sous la chaleur que de rechercher une balade en forêt : mais attention au risque de piqûres de tiques porteuses de maladies bien connues La maladie de LYME provoque 10 000 à 27 000 victimes chaque année avec des symptômes parfois extrêmement graves. Quant à l'encéphalite de la tique, elle ne semble pas avoir traversé le Rhin, mais elle est bien présente en Europe Centrale (dès le frontière franco-allemande) et surtout en Europe de l'Est lors d'épisodes chauds durables.
Enfin porteuse de maladie ou non, une petite "tête d'épingle vivante" plantée dans la chair ça n'est jamais bien agréable à garder sur soi : mieux vaut s'inspecter la peau après la ballade et dans tous les cas se couvrir bras et jambes dans les sous bois de l'été.

 
 



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