L'hiver 2007-2008: Ensoleillé, plutôt sec et relativement doux
(Hiver au sens météorologique : décembre – janvier – février)
La France a connu cette année un hiver exceptionnellement ensoleillé, particulièrement sec et relativement doux.
Un ensoleillement exceptionnel
Des conditions anticycloniques ont prédominé en décembre et février tandis que le pays a été généralement soumis à une circulation d’ouest plus perturbée en janvier.
De ce fait, l’ensoleillement des mois de décembre et février a été remarquable, celui de janvier plus contrasté. Sur l’ensemble de l’hiver, la durée d’insolation a été exceptionnelle sur les deux tiers nord du pays, faisant de cette saison l’hiver le plus ensoleillé de la période 1950-2008. Ainsi à Paris, le soleil a brillé près de 300 heures alors que la moyenne 1991-2000 n’est que de 187 heures. Plus au sud, l’ensoleillement a été sensiblement excédentaire dans le Sud-Ouest, mais plus proche de la normale dans l’extrême Sud-Est.
Des précipitations faibles
Les précipitations ont été contrastées en décembre : généralement proches ou supérieures aux normales sur le tiers nord de l’Hexagone, le Limousin et Midi-Pyrénées, elles ont été déficitaires sur la façade atlantique et le Sud-Est. En janvier, les pluies ont été importantes sur l’Ouest et la moitié sud, mais sensiblement déficitaires sur le Nord et l’Est. La presque totalité du pays a connu ensuite un mois de février remarquablement sec. Sur l’ensemble de l’hiver, le bilan pluviométrique est déficitaire sur la grande majorité des régions, tout particulièrement sur l’Auvergne, les Pyrénées et la bordure méditerranéenne.
Cet hiver peu pluvieux fait suite à un automne déjà très sec. Ces six mois, habituellement propices à la recharge des nappes souterraines, n’ont donc pas joué pleinement leur rôle cette année.
Durant la saison, l’enneigement a été proche de la normale sur les Alpes du Nord, excédentaire sur le Alpes du Sud, mais très nettement déficitaire sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne. Aucun épisode exceptionnel de neige en plaine n’a par ailleurs été observé cette année.
Des températures douces
Débuté fraîchement avec une température moyenne inférieure à la normale de près de 0,7 °C en décembre, l’hiver s’est poursuivi dans la douceur en janvier et février avec des valeurs respectivement supérieure de 2,3 °C et 1,9 °C aux normales mensuelles. Quelques records ponctuels ont même été battus dans le Nord le 19 janvier (minimales proches de 12 °C), le Sud-Est le 28 janvier (maximales autour de 23 °C) et le Nord-Est le 24 février (maximales proches de 20 °C). Avec une température moyenne supérieure de 1,1 °C à la normale, l’hiver 2007/2008 se situe au dixième rang des hivers les plus doux depuis le début du XXème siècle.
Mesure de l’insolation en France
La durée d’insolation est actuellement définie de manière conventionnelle par l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) comme le temps pendant lequel l’éclairement énergétique du rayonnement solaire direct est supérieur à 120Wm-2. Mais elle a d’abord été définie comme étant la période pendant laquelle le soleil a brillé. Cette période correspondait à celle où le contour apparent du disque solaire était clairement visible. Plus tard, elle a été définie comme étant la période durant laquelle les objets naturels opaques donnent lieu à des ombres portées nettement dessinées sur une surface horizontale.
Après guerre et jusque dans les années 60, les héliographes Jordan étaient généralement utilisés. Par la suite, les héliographes Campbell puis Campbell chauffés ont pris le relais. A partir de 1985, l’automatisation du réseau a été décidée et l’installation de l’héliographe automatique Cimel à fibre optique réalisée entre 1987 et 1994. Enfin, depuis le début des années 2000, s’est progressivement généralisée l’utilisation du pyranomètre comme capteur de durée d’insolation, sachant que la durée d’insolation et l’exposition énergétique du rayonnement sont bien corrélées sur des périodes de temps relativement longues.


