Meteoauvergne, le temps par tous les temps! Benjamin Champeil
  

Bilan de l'année 2007 en France 

L’année 2007  en France métropolitaine est plus chaude que la normale* d’environ 0,8 °C à 0,9 °C. L’hiver 2006-2007 et le printemps 2007, remarquablement doux, ont largement contribué à cette situation, compensant un second semestre 2007 sensiblement plus frais que la normale.

Les précipitations ont été proches de la normale sur les deux-tiers nord de la France. Légèrement supérieures à la normale sur le Nord-Ouest et le nord du Massif central, elles ont été au contraire un peu inférieures à la normale sur le sud-est du Bassin parisien. Sur le tiers sud de l’Hexagone, le bilan pluviométrique est globalement inférieur à la normale, plus particulièrement sur les régions méditerranéennes.

L’insolation a été légèrement supérieure à la moyenne** sur le tiers est de la France. Ailleurs le bilan est proche de la moyenne, plutôt inférieur à la moyenne de l’extrême nord jusqu’au Sud-Ouest.

L’année 2007 au fil des saisons

Hiver (décembre, janvier, février)
La France a connu un hiver exceptionnellement chaud, se situant au second rang des hivers les plus chauds observés depuis 1900. Sur la moitié nord du pays, les écarts à la normale des températures moyennes saisonnières sont de l’ordre de +2 °C à +3 °C. Sur la moitié sud du territoire ils sont généralement compris entre +1 °C et +2°C. Les précipitations ont été proches de la normale sur les trois quarts nord de l’Hexagone, plutôt supérieures à la normale en Bretagne, sur la Basse-Normandie et les régions proches de la frontière belge. Sur le quart sud de la France elles ont été généralement inférieures à la normale, notamment au pied des Pyrénées ainsi qu’en Languedoc. L’insolation a été inférieure à la normale sur la moitié ouest du territoire, en particulier sur l’Aquitaine et de la Normandie au Nord. Sur l’est du pays, l’ensoleillement a été proche de la moyenne, voire supérieur à la normale en Alsace.

Printemps (mars, avril, mai)
Le printemps 2007 a été exceptionnellement chaud en France, se situant au premier rang des printemps les plus chauds observés depuis 1900. De l’ordre de +1 °C à +2 °C sur les régions proches de la Manche et le Sud-Ouest, les écarts à la normale des températures moyennes saisonnières ont été généralement compris entre +2°C et +3 °C sur la majeure partie du territoire, dépassant localement les +3 °C en Ile-de-France et dans le Nord-Est. Cette douceur printanière tout à fait remarquable est essentiellement due à un mois d’avril 2007 quasiment estival. Le bilan pluviométrique a été contrasté : le plus souvent supérieures à la normale sur les régions proches de l’Atlantique, sur le Limousin, dans le Sud-Ouest et en Languedoc-Roussillon, les précipitations ont été inférieures à la normale en région Centre et généralement proches de la normale ailleurs. L’insolation a été très supérieure à la moyenne dans le Nord-Est, tandis qu’elle a accusé un déficit sur le Sud-Ouest. Ailleurs l’ensoleillement a été plutôt supérieur à la moyenne.

Eté (juin, juillet, août)
La saison a été particulièrement maussade sur la quasi-totalité du territoire, même si les températures moyennes saisonnières ont été généralement proches de la normale. Les précipitations ont été, quant à elles, fréquentes et abondantes durant l’été sur les trois quarts nord du pays, notamment de la Bretagne à l’Ile-de-France et au Nord-Pas-de-Calais où les cumuls ont été deux à trois fois supérieurs à la normale. Plus au sud, si les pluies n’ont été que légèrement inférieures à la normale en Midi-Pyrénées, elles ont été par contre extrêmement rares sur les régions méditerranéennes. L’insolation a été nettement inférieure à la moyenne sur la plupart des régions, à l’exception de l’extrême sud qui a profité d’un ensoleillement proche des valeurs de saison. Cet été 2007, globalement très pluvieux et fort peu ensoleillé, s’inscrit dans la lignée des étés maussades de 2002, 1992 et 1977.

Automne (septembre, octobre, novembre)
La France a connu un automne plutôt frais, très sec et bien ensoleillé. Les températures moyennes saisonnières ont été relativement froides du nord du Massif central au Sud-Ouest, les écarts à la normale atteignant -1 °C à -2 °C. Sur les autres régions, les températures moyennes n’ont été que légèrement inférieures à la normale, voire même proches de celle-ci sur le Sud-Est et les régions voisines de la Manche. Les précipitations ont été nettement inférieures à la normale sur la quasi-totalité de l’Hexagone, en particulier sur les régions atlantiques, le Sud-Ouest et les régions méditerranéennes. L’est de la Corse a cependant connu des précipitations supérieures à la normale. L’ensoleillement a été nettement supérieur à la moyenne sur la plupart des régions, à l’exception de l’extrême nord où il a été proche de la moyenne.

Evénements météorologiques majeurs de l’année 2007

Tempête du 18 janvier 2007
Une profonde dépression a rapidement circulé le 18 janvier 2007 du nord de l’Irlande jusqu’au Danemark. Cette tempête a engendré des vents particulièrement violents du nord de la France jusqu’en Alsace. Sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord, les rafales de vent ont été généralement comprises entre 120 km/h et 140 km/h, atteignant localement 150 km/h sur les zones les plus exposées. A l ‘intérieur des terres, ces rafales ont atteint 120 km/h à 130 km/h sur le Nord-Pas-de-Calais ainsi qu’en Alsace. Le vent a également soufflé très fort sur les crêtes des Vosges, atteignant 180 km/h. 




Episode neigeux du 22 au 24 janvier 2007
Fin janvier 2007, la France a connu un épisode neigeux occasionnant d’importantes perturbations dans les transports et dans l’approvisionnement en électricité. Dans un premier temps, cet épisode a concerné le nord-est, le Massif central et la région Rhône-Alpes. Il a ensuite touché les régions s’étendant de la Basse-Normandie à Midi-Pyrénées. Quelques chutes de neige ont également touché le nord de la France et l’Ile-de-France. Au cours de cet épisode, les hauteurs de neige au sol ont atteint 50 cm à Guéret et 22 cm à Limoges. Associées à un vent soutenu, les chutes de neige ont formé dans le Limousin d'importantes congères hautes de 80 cm à 1 m.
 

Le cyclone Gamède établit de nouveaux records mondiaux de précipitations à La Réunion
Entre les 24 et 27 février 2007, l’île de La Réunion est restée sous l’influence du cyclone tropical intense Gamède qui s’est distingué par sa taille extrêmement imposante et une trajectoire capricieuse. Il a ainsi séjourné pendant quatre jours à moins de 400 km de La Réunion. Si les vents n’ont pas atteint de valeurs exceptionnelles sur l’île, la durée d’influence du cyclone a engendré sur les hauteurs de l’île des cumuls de précipitations tout à fait remarquables, dépassant souvent les deux mètres. En trois jours, il est tombé 3929 mm sur le site du cratère Commerson. Ce cumul constitue ainsi un nouveau record mondial de précipitations en trois jours, se situant bien au-dessus du précédent record de 3240 mm qui avait été enregistré à Grand-Ilet lors du passage du cyclone Hyacinthe en janvier 1980. Un second record mondial de précipitations en quatre jours a également été établi sur le site du cratère Commerson où il est tombé 4869 mm, pulvérisant ainsi le précédent record de 3551 mm enregistré durant le passage de Hyacinthe. Le cyclone Gamède a également généré une forte houle cyclonique de secteur nord, qui a atteint dans la soirée du 27 février des hauteurs maximales de dix à douze mètres à la Pointe-des-Galets (Le Port). Cette houle a dévasté le front de mer de Saint-Paul. La partie sud de l’île a quant à elle été épargnée par la houle cyclonique. Les dégâts sur les infrastructures ont été localement importants avec notamment la destruction du nouveau pont de la rivière Saint-Etienne à Saint-Louis.

L’ouragan Dean aux Antilles Françaises
L’ouragan Dean a traversé le centre de l’arc Antillais le 17 août 2007 en franchissant le canal de Sainte-Lucie. Le mur de l’œil a ainsi touché sévèrement les côtes sud de la Martinique. Des rafales de vent comprises entre 160 km/h et 190 km/h ont été enregistrées, atteignant 209 km/h sur les reliefs du nord de la Martinique. Une forte houle cyclonique avec des creux de dix mètres a accompagné le passage de l’ouragan. Les cumuls de précipitations enregistrés en douze heures sont de l’ordre de 150 mm à 250 mm en Martinique. L’île a subi des dégâts très importants et l’économie locale, essentiellement basée sur la production de bananes et de canne à sucre, a été durement touchée. Même si les îles voisines, de Sainte-Lucie à la Guadeloupe, ont connu des vents violents, une forte houle et des précipitations intenses, c’est sans conteste la Martinique qui a été frappée par les conditions les plus sévères liées au passage de Dean sur l’arc Antillais. Il faut remonter à 1979 avec l’ouragan David et 1980 avec l’ouragan Allen pour retrouver des conditions similaires en Martinique.

Le 1er janvier 2008 à 23h05.


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